Ouvert ou fermé?

Lorsque tu te réveilles le matin, mets-tu les pieds hors du lit en pensant que tout ce que tu feras aujourd’hui est déjà déterminé ou crois-tu que tu as un libre choix dans les décisions que tu prendras? On ne se pose peut-être pas cette question de façon concrète à tous les matins mais, consciemment ou non, nous y avons chacun répondu d’une manière ou d’une autre.

Certains abordent la question d’un point de vue religieux. Est-ce qu’il y a un Dieu qui est au contrôle de tout et est-ce que ce Dieu a prédestiné toutes choses. Si le divin ne fait pas partie de la question, alors on se demande simplement si notre destin est fixé ou non. Prenons-nous vraiment des décisions au courant de la journée ou bien suit-on tout simplement un chemin qui est tracé pour nous par un Dieu, par le destin ou par une série d’évènements qui sont le fruit du hazard et de la chance?

Pour débuter, j’approche la question du point de vue d’une personne qui maintien la notion de l’existence d’un Dieu. Si tu n’es pas cette personne, j’espère que tu seras tout de même intéressé par le sujet. Derrière la question qui demande si j’ai un choix ou non, se trouve aussi la question qui cherche à comprendre si un Dieu omniscient (qui connaît tout) et omnipotent (tout puissant) doit nécessairement avoir déterminé et fixé le futur. En d’autres mots, existe-t-il pour Dieu, et donc pour nous, des possibilités?

On s’en va où au juste? Est-ce que nous nous dirigeons à quelques part ou est-ce que nous sommes conduit, malgré nous, par l’illusion du choix pendant que les ficelles de nos vies sont tirés par Dieu?

Vous devinez peut-être de quel côté je penche. Je vous en direz plus dans les prochaines semaines.

Le doute n’est pas à fuir

L’église est souvent un endroit où être spirituellement honnête est un grand risque. – Pete Enns (Church is often the riskiest place to be spiritually honest.)

Il est difficile d’être spirituellement honnête sans reconnaître la réalité et la place du doute dans notre parcours de vie.

Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui ont des doutes et des questions. Je sais aussi que plusieurs sont mal à l’aise avec le doute de peur de se faire dire qu’elles manquent de foi ou qu’elles ne doivent pas être de vrais chrétiens. Pour certains d’entre nous, l’église est la communauté où se trouvent nos amis et l’endroit où nous avons passé de nombreuses années, sinon toute notre vie. Le risque de perdre tout cela est effrayant. Nous pouvons craindre le rejet parce que nous ne pouvons pas embrasser tout ce que l’église semble tenir si fermement.

Le doute n’est pas un problème. C’est bien de poser des questions. Certainement très inconfortable, mais bon et bien. Être ouvert à la possibilité de s’être trompé ou d’avoir mal compris n’est pas un processus agréable. Tu n’as peut-être pas tort, mais pour une raison quelconque tu te poses des questions et n’est pas certain d’avoir raison. Ne pas savoir ce qui se trouve de l’autre côté de nos questions peut être inquiétant.

Comment réagis-tu devant le doute ? Certains s’ancre plus profondément dans les croyances acceptées par leur tradition. Ils peuvent même devenir des féroces défenseurs de la foi, étouffant leurs questions et portant un masque de certitude et de colère envers quiconque voudrait remettre en question leur croyance ou même oser proposer une autre façon de penser.

D’autres vont considérer leurs doutes comme un manque de maturité ou le résultat d’un manquement dans leur vie. Ils se soumettront humblement à ce qui est accepté dans leur contexte et se sentiront coupables d’avoir ces doutes. Ils vont continuer en poursuivant sincèrement Jésus et en espérant que leurs doutes finissent par disparaître. C’est rarement le cas.

En matière de foi, la certitude n’est pas nécessairement une marque de maturité spirituelle. On peut faire confiance à Dieu sans être certain du tout.

Il y a différentes choses qui nous font douter. Par exemple, le doute peut provenir du fait que la base de ton système de croyance repose principalement sur un livre écrit et compilé il y a des siècles, dans un pays lointain, par des gens dont la compréhension du monde était très différente de la tienne. Il est normal aussi de douter puisque ce même livre, depuis son origine, fait l’objet de nombreux débats par des personnes sincères qui tentent de comprendre ce que le livre dit « vraiment et clairement ». Disons que nous sommes loin de l’unanimité.

Si ce que la bible dit de Dieu est vraie alors il sait qui je suis et où je me trouve sur le chemin de la vie (Psaume 139). Parfois, les plus ardents défenseurs de la foi semblent remplis de colère et même de haine envers leur prochain. Je pense que c’est dû au fait qu’en réalité ils ne sont pas si certains que cela et ont du mal à gérer l’idée que quelque chose qu’ils estiment être vrai pourrais ne pas l’être ou bien même que quelqu’un oserait prétendre différemment qu’eux.

L’expression « la bible le dit, cela suffit » n’est pas très rassurante. C’est un peu plus compliqué que ça.

Alors, on fait quoi ? On abandonne ou ont laissent le doute nous mener à une poursuite plus profonde et honnête de ce qui est vrai ? La foi peut-elle grandir dans le doute ? Est-ce que suivre Jésus nécessite la certitude ?