Je n'ai jamais lu la bible en un an

C’est dans l’temps du jour de l’an, on se donne plein d’résolutions. C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année.

Le fameux 1 janvier. Le moment de l’année où nos bonnes intentions, nos désirs, nos hontes et notre sentiment de culpabilité se croisent pour nous pousser à prendre des résolutions. Des résolutions que nous allons sans doute maintenir cette année, sinon, au moins se rendre plus loin que l’année dernière! Il n’y a pas de mal à prendre des résolutions. Le début d’une nouvelle année est certainement un bon moment pour en prendre, bien que ce ne soit pas le seul.

Dans le monde chrétien, il y a beaucoup de pression de performance. C’est un phénomène intéressant dont on ne parle pas beaucoup puisque l’un de nos slogans favoris est que le salut “n’est pas par les oeuvres!” Cette pression de performance est subtile mais très réelle. L’idée est qu’un bon chrétien devrait exceller dans certaine chose. Un bon chrétien devrait aussi éviter bien des choses. Le 1 janvier est le moment idéal pour se rappeler toutes les choses qu’on devrait faire mieux tout en s’engageant aussi à moins faire les choses qu’on devrait pas faire, surtout celles qui nous empêche de faire les bonnes choses plus. C’est épuisant!

Une notion souvent véhiculée (directement ou indirectement) est qu’un chrétien doit lire sa bible régulièrement. La lire au complet au moins une fois par année est très encouragé.

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Confession. Je n’ai jamais lu ma bible en un an. J’ai souvent essayé mais je n’arrivais pas à me rendre plus loin que Lévitique. J’ai essayé toutes sortes de plan pour m’aider mais je n’y suis jamais arrivé. J’la lisais ma bible mais je ne l’ai jamais lu en un an. Je me suis souvent senti coupable de ne pas avoir été à la hauteur des attentes. Chaque année, le 1 janvier, je me disais que cette année serait la bonne! Cette année je vais faire mon “culte personnel” à chaque jour et lire ma bible en un an. Mais même avec l’arrivée des téléphones intelligents et les plans de lecture avec les “reminders” et les notifications, je n’y arrivais quand même pas. Ce genre d’approche à la bible n’était pas pour moi. Il m’en a fallu du temps avant d’allumer que c’était correct de même. Je n’ai jamais lu ma bible en un an et je ne commencerai pas cette année.

On s’en va où au juste? Il y a rien de mal à prendre des résolutions. Il y a rien de mal à vouloir lire ta bible en un an. Le but d’écrire ceci ce matin est simplement de mettre un peu de lumière sur un sentiment qui empêche bien des gens d’être eux-mêmes et vraies dans l’église. Cette pression de performance est subtile mais très présente. Elle n’est pas nécessairement imposé par les leaders. Elle se forme naturellement par la pression sociale du groupe auquel on appartient (comme dans tout groupe sociale). La lecture de la bible n’est qu’un exemple parmi bien d’autres. Jésus ne mettait pas l’emphase sur de telles choses.

Je ne veux pas décourager ceux et celles qui sont déterminé à prendre des résolutions comme lire leur bible cette année. Je veux plutôt encourager ceux qui n’y arrive pas et qui se demande si c’est même nécessaire puisque l’invitation de Jésus n’est pas de performer mais d’être. Prends-en des résolutions pour l’année si tu veux mais ne les prends pas par culpabilité et, surtout, ne les prends pas en pensant que tu es moins bon ou bonne si tu ne le fais pas.

J’ai en tête l’histoire que Jésus a raconté au sujet d’un homme religieux dans le temple qui était très fière de sa performance tout en portant un jugement sur celui qui venait prier d’une manière simple et honnête. On se juge souvent soi-même sans que d’autres le fasse à notre égard. Cette année, que tu sois une personne d’église ou non, je t’invite à considérer ton coeur plutôt que ta performance.

Tomber de haut

Je n’aime pas les hauteurs. Apparement, environ 5% de la population souffre d’acrophobie. Je ne sais pas exactement où je me trouve sur l’échelle de la peur mais je connais bien l’impression d’avoir l’estomac tordu, le goût de vomir, le “shake” et même le sentiment de panique. De façon bien calculée, il y a certaines hauteurs que j’ai réussi à surmonter avec tremblement.

Je déteste monter dans les échelles. Je n’arrive pas à monter sans imaginer perdre l’équilibre et tomber par derrière. Il y a quelques années, je devais vider les gouttières autour de la maison car elles étaient pleines de feuilles. Voulant être responsable, j’ai emprunté la grande échelle du voisin et je me suis installé. À peine monté, je tremblais déjà. J’ai tout de même continué en me disant, qu’au moins, ce n’était pas un appartement et que ça ne ferait pas si mal que ça de tomber. Je me suis rendu aussi haut qu’il fallait pour pouvoir atteindre la gouttière en m’étirant le bras. Je me suis mis à trembler et avoir mal au ventre à un tel point que je ne pouvais pas continuer. Tranquillement, je suis descendu en jetant un p’tit coup d’oeil autour pour être certain que personne ne m’avais vu. J’ai finalement réussi à le faire quelques jours plus tard avec mon épouse qui tenait le bas de l’échelle. Ce fut tout de même long et pénible.

Un autre moment, mon beau frère est venu m’aider à changer le bardeau sur mon toit. Je ne pouvais pas avoir l’air peureux devant le beau-frère quand même alors j’ai mis mon poker face. Heureusement, il a fixé l’échelle bien solidement et cela m’a permis de monter et de descendre avec un peu de confiance. J’ai passé la journée sur le toit en me tenant le plus loin du bord et en me disant que mes chances de survie, si je devais tomber, était élevées quoique les blessures pouvaient être bien douloureuses.

Le premier été avec notre roulotte, j’ai laissé Amélie monter sur le toit pour balayer et faire le nettoyage. Ce n’est qu’à la fin de la saison que j’ai réussi à monter pour la première fois. Je n’avais pas trop le choix puisque j’étais seul.

La crainte dans toutes ces histoires n’est pas autant celle des hauteurs mais plutôt la crainte de tomber de haut et me faire mal. L’anxiété à l’idée de tomber ainsi que la douleur des blessures possible rendent les hauteurs effrayantes. La peur devient démesuré et très réelle. Elle cause un blocage paralysant et souvent insurmontable.

Bon, on s’en va où au juste avec ces histoires? Il y a une autre forme d’acrophobie. Une crainte associé à une autre sorte de hauteur. Cette hauteur est celle de l’opinion que les gens se font de nous. Je vous épargne plein des détails mais dernièrement je parlais avec des gens et l’une des conversations était autour de la crainte que j’ai de décevoir ceux qui, tout au long de ma vie, m’ont considéré comme un modèle et une personne responsable. Je n’ai pas de problème à avoir une bonne réputation. Je pense que cela est quelque chose que nous désirons tous. Par contre, les problèmes commencent lorsque cette réputation nous contrôle. Aujourd’hui je ne suis plus la même personne que j’étais il y a quelques années. Ma vision du monde, ma théologie et ma perspective de la foi chrétienne en particulier ont bien changées. À la lumière de ces changements, je trouve en moi une grande crainte d’être découvert, mis a nu! C’est bizarre puisqu’au fond je veux être connu tel que je suis mais je crains aussi que cela vienne qu’à décevoir ceux qui pendant longtemps m’ont connu, perçu et apprécié d’une certaine manière. Je crains qu’en étant moi-même, je tomberais de haut dans l’opinion de certaines personnes.

Je réalise que ce que je viens d’écrire est peut-être flou. J’y apporterai un peu de clarté dans les prochaines semaines et les prochains mois en abordant certaines choses sur le blog. Mon objectif n’est pas de parler de moi. J’espère utiliser mon histoire pour en inspirer d’autres. Surtout, j’espère que mon histoire pourra te secourir de ta crainte de tomber de haut vis-à-vis l’opinion que les gens se font de toi. Je ne parle pas de développer un “je m’en foutisme”. Je parle de trouver une liberté de se laisser être ce que nous sommes pour aussi mieux accepter l’autre tel qu’elle ou qu’il est.

Qu’est-ce que les gens pensent de toi qui n’est peut-être pas tout à fait exacte? Est-ce que tu crains ce qui pourrait arriver si tu te faisais connaître?