John MacArthur craint les femmes

Dans le milieu où j’ai grandi, John MacArthur est une vedette (pour ne pas dire un dieu). Lorsque j’étais pasteur je me suis vite tanné d’entendre parler de lui et de voir a quel point la dénomination se prosternait pratiquement devant lui et a peu près tout ce qu’il pouvait dire et écrire. Je comprends pourquoi il a tant d’influence. Ses livres sont depuis longtemps traduit en français et propagé parmi les francophones. Pendant des années, les options de livres chrétiens francophones étaient plus ou moins limitées alors ce n’est pas pour rien que MacArthur a laissé sa marque.

Quelqu’un lui a demandé récemment de commenter l’influence de Beth Moore. Sa réaction immédiate fut de dire que Beth Moore ferait bien de :

Go home! There is no case that can be made biblically for a woman preacher. Period. Paragraph. End of discussion.

(Retourne chez toi! Il n’y a pas d’argument qui puisse être fait a partir de la bible pour justifier les femmes qui prêche. Point. Fin de la discussion.

John MacArthur

Si tu es une femme dans l’église, selon MacArthur tu ferais bien de te taire et de prendre ta place silencieusement et dans la soumission. MacArthur considère qu’une femme a qui l’on donne trop d’influence en-dehors du foyer est une menace pour l’homme. En voulant clarifier ses propos concernant Beth Moore, il a prêché un message en disant que :

Empowering women makes men weak … weak men make everybody vulnerable to danger.

(donner du pouvoir aux femmes rend les hommes faibles) et que (les hommes faibles rendent tout le monde vulnérable au danger).

John MacArthur

Il n’avait pas terminé! Il a aussi dit :

Women who pastor and women who preach in the church are a disgrace.

(Les femmes qui sont pasteur et les femmes qui prêchent dans l’église sont une honte.)

John MacArthur

Attendez, c’est pas encore fini. Pour MacArthur, donner de l’influence a une femme est égale a donner une place d’influence a un enfant.

Let me tell you something, if children are in charge, we’re in trouble. If women are in charge, we’re in trouble.

When you overthrow the divine order, the results are always disastrous. And again, it’s not anti-women any more than it’s anti-children. But it’s a divine judgment on a nation that its young and its women are in power.

John MacArthur

Alors les femmes, étant donné que MacArthur parle au nom de Dieu, désolé de vous le dire, mais selon lui vous n’êtes que des petites filles qui doivent être garder dans le silence de peur que vos paroles puissent enlever le pouvoir aux hommes.

En écoutant les extraits de sa prédication, j’en avais mal au ventre. C’est une véritable honte. Il manque un peu de Jésus dans le christianisme de MacArthur.

Alors on s’en va où au juste? Bien, j’oserais dire que si l’église continue de tirer son influence d’hommes comme MacArthur, nous allons nul part. Heureusement, il y a d’autres personnes d’influence qui ont eu le courage de reprendre MacArthur et de promouvoir un différent message. Nous en avons besoin. J’aimerais bien entendre les leaders chrétiens francophone dire haut et forts qu’ils s’opposent aux paroles de MacArthur. (certain l’ont peut-être déjà fait mais je ne le sais pas)

Le christianisme et la société seraient mieux servi si MacArthur appliquait ses propres conseils à lui-même et se taisait.

Plusieurs articles ont été écrit en réponse au propos de MacArthur. En voici quelques uns:

https://christiantoday.com/article/women-pastors-are-a-disgrace-says-john-macarthur/133625.htm;

https://friendlyatheist.patheos.com/2019/11/14/christian-preacher-when-women-take-over-a-culture-men-become-weak/;

https://relevantmagazine.com/culture/john-macarthur-if-women-are-in-charge-were-in-trouble/

Toi, qu’est-ce que ça te fait de lire et d’entendre de telles choses?

Les pasteurs qui cessent de croire

(Ce qui suit contient des citations en anglais)

Le monde évangélique fut bouleversé dans les derniers jours en apprenant que Joshua Harris ne se considère plus croyant. Une semaine plus tôt il nous annonçait qu’il se séparait de son épouse. Vous ne trouverez pas ici une critique de sa décision. Si cela vous intéresse il suffit de faire une recherche google et vous trouverez plein de chrétien avec des paroles venimeuse à son égard. 

Pour ma part, je suis curieux. Il n’est pas le premier pasteur évangélique (même s’il avait quitté son poste de pasteur pour retourner aux études il y a environ 4 ans) a quitter la foi. Il ne sera certainement pas le dernier. J’ai lus plusieurs histoires semblable a la sienne dans les dernières années.

À force de lire, je me rends compte que tout comme dans le monde évangélique, parmi les penseurs athées et agnostiques, il y a toute sorte de divergences qui en découlent. Il y a des penchants plutôt philosophiques avec des divergences. Il y a des penchants scientifiques avec des divergences. Même la communauté scientifique athée et/ou agnostique ne s’entend pas pleinement sur les manières d’expliquer l’inexistence de Dieu ni sur les manières de définir les implications de l’inexistence (ou même de l’existence) de Dieu. 

En fin de compte, quoi que je ne partage pas toutes les conclusions, j’ai tout de même beaucoup de respect et de compréhension à l’égard de ceux qui n’arrive pas ou qui n’arrive plus à accepter l’existence de Dieu. Il y a tendance chez bien des chrétiens à prétendre que ceux qui rejette l’existence de Dieu sont rebelles et misérables! Pourtant, parmi la communauté chrétienne il y a bien des gens misérables et rebelles aussi. La bonté, le bonheur, la joie, le respect et l’amour du prochain ne sont pas des qualités qui appartiennent à la religion. Il y a des croyants extrémistes tout comme il y a des athées extrémistes. Il y a des croyants un peu « zoin zoin » tout comme il y a des athées un peu « zoin zoin ». Par contre, en général, d’un côté comme de l’autre, il y a des individus normaux qui ne cherchent qu’a cheminer dans la vie. Nous n’avancerons à rien si nous n’arrivons pas premièrement à respecter ceux qui ne pensent pas comme nous. Que ce soit d’un côté ou de l’autre de l’argument. 

En ce qui me concerne, j’ai été particulièrement intrigué par les raisons qui pousseraient un pasteur évangélique à abandonner la foi pour devenir athée (une personne qui affirme l’inexistence de Dieu jusqu’à preuve du contraire) ou agnostique (une personne qui prétend qu’il n’est pas possible de savoir si oui ou non Dieu existe. Donc, Dieu n’existe probablement pas ou, s’il existe, ça ne doit pas être très important puisque ce n’est pas évident ni possible de le démontrer). L’emphase dans les livres est sur les raisons qui ont amené ces pasteurs aux conclusions qu’ils racontent. Des doutes qui les ont menés à une poursuite de réponses et, pour diverses raisons et de différentes manières, cette quête les a menés à la conclusion que leur foi était fausse. 

Voici quelques citations (en anglais) expliquant un peu les raisons qui ont conduit ces pasteurs à laisser tomber leur foi chrétienne :

I did not lose my faith – I gave it up purposely. The motivation that drove me into the ministry – to know and speak the truth – is the same that drove me out. I lost faith in faith. I was forced to admit that the bible is not a reliable source of truth : it is unscientific, irrational, contradictory, absurd, unhistorical, uninspiring and morally unsatisfying. – Dan Barker, Godless : How an Evangelical Preacher Become one of America’s Leading Atheists

When we seek for a cause of it all …. We may even have to say, like I had previously said, that it cannot be figured out with reason, and initially it can’t. But when we reflect on why we can’t figure it all out, the best reason I can offer is that random chance events can’t be figured out by hindsight, because there is nothing but chance to account for them. So in the end, I do have a reason for what I believe. Nature is ultimate. According to the late Carl Sagan, « the cosmos is all there is, was, or ever will be. » According to Bertrand Russel, the universe is simply « a brute fact. » I am an atheist. There is no God. And there is at least one reason for me not to believe in God, and that is because this universe is absurd when we try to figure it out. Any attempt I know of to figure it out fails, except the conclusion that it arose because of chance. According to Jacques Monad, « our number came up in a Monte Carlo game. » …… I think the default position is (soft or weak) agnosticism, which simply says, « I don’t know. » That’s right; I don’t know what to believe after rejecting all religious viewpoints. I could even concede that there is a God, a deist god, a philosopher’s god. But as I said, such a distant god is practically no different than none at all. That’s why I’ve chosen to be an atheist, since it makes no difference to me even if a god does exist. But I could be wrong, and I admit it …. Surely if God exists, he knows what it would take for us to believe. So why doesn’t he do what it takes? … this problem is best explained by the fact that God doesn’t even exist … everything I have examined so far has failed to  provide a satisfying answer, except atheism. – John W. Loftus, Why I Became an Atheist : A Former Preacher Rejects Christianity

I oppose the Christian Church because, for all the good it sometimes does, it presumes to speak in the name of God and to propound and advocate beliefs that are outdated, demonstrably untrue, and often, in their various manifestations, deleterious to individuals and to society …. I was beginning to question the Christian faith … I am a former Christian minister who is now an agnostic. – Charles Templeton, Farewell to God : My Reasons for Rejecting the Christian Faith

The information that was left out of our announcement is that I have undergone a massive shift in regard to my faith in Jesus. The popular phrase for this is “deconstruction,” the biblical phrase is “falling away.” By all the measurements that I have for defining a Christian, I am not a Christian. Many people tell me that there is a different way to practice faith and I want to remain open to this, but I’m not there now.⁣ – Joshua Harris

Comment réagis-tu en lisant de tels propos?

La Bible le dit mais cela ne suffit pas

Oui c’est vrai, je sais que c’est vrai. Il est écrit, cela suffit. 

Ces paroles d’une chanson qui était souvent chanté à l’église lorsque j’étais jeune ne sont pas si rassurantes que cela. Si seulement les choses pouvaient être aussi simple! Pour bien des gens, ce n’est pas le cas.

Malheureusement, simplement dire que « la bible le dit, cela suffit » est en effet très loin de suffire. L’évidence démontre plutôt le contraire puisque l’on n’arrive pas très bien à s’entendre sur ce que la Bible dit « clairement ». S’il y a une chose certaine en regardant l’histoire de l’église c’est que la bible est tout sauf très claire. Cela n’est pas le problème car la bible n’a jamais eu la prétention d’être une réponse claire a tout. Pourtant, nous essayons tout de même de la réduire à un texte qui affirme et confirme nos positions pour ensuite justifier le besoin de se séparer de ceux qui interprète le texte différemment.

Comment reconnaître une fausse doctrine? Facile. Ce sont les doctrines qui sont différentes de celles de ta tradition/dénomination.

Comment reconnaître la bonne doctrine? Facile. Elle affirme les positions de ta tradition/dénomination.

Ensuite, pour s’assurer que tu ne te laisse pas trop « séduire » par ceux qui pensent différemment, ils te diront que ces gens qui enseigne de « fausses » doctrines sont dangereux et cherchent à semer la controverse en spéculant et en donnant l’impression d’être convaincu. A l’inverse, ceux qui pense comme toi sont ceux qui étudient fidèlement les écritures, et sont les seuls à être motivés d’un véritable amour et d’une foi sincère.

Pour certains, la bible se prononce clairement sur à peu près tout.

Pour d’autres, la bible inspire et fait réfléchir mais n’est pas un livre de réponse à tout.

Au lieu de tracer des lignes et bâtir des murs entre « nous » et « eux », pourquoi ne pas tout simplement accepter de vivre avec la réalité que certains trouve dans les pages de la Bible une clarté et d’autres non. Certains comprennent un texte d’une manière alors que d’autre comprennent le même texte d’une autre.

« Qui a raison? » n’est peut-être pas la bonne question.

Pause café du dimanche

Réflexion interessante tiré du livre, Saving Jesus From the Church : How to stop worshiping Christ and start following Jesus écrit par Robin R. Meyers

Naturally, people ask, “So what do you believe?” They seem puzzled by the answer. I say that we are not “believers” at all, not in the sense of giving intellectual assent to postbiblical propositions. Rather, we are doing our best to avoid the worship of Christ and trying to get back to something much more fulfilling and transformative: following Jesus.

En français : Naturellement, les gens demandent, « Alors, que croyez-vous ?» Ils semblent perplexes devant la réponse. Je dis que nous ne sommes pas du tout des « croyants », du moins pas dans le sens de donner un consentement intellectuel à des propositions post-bibliques. Au lieu, nous faisons de notre mieux pour éviter l’adoration du Christ et essayons de revenir à quelque chose de beaucoup plus épanouissant et transformateur : suivre Jésus.





If the church is to survive as a place where head and heart are equal partners in faith, then we will need to commit ourselves once again not to the worship of Christ, but to the imitation of Jesus. His invitation was not to believe, but to follow.

En français : Pour que l’église survive en tant que lieu où la tête et le coeur sont des partenaires égaux dans la foi, nous devons alors nous engager de nouveau, non pas à l’adoration du Christ, mais à l’imitation de Jésus. Son invitation n’était pas de croire, mais de suivre.

Au commencement, Dieu créa la poutine à l’agneau

J’aime manger au restaurant. Surtout ceux qui se distinguent des chaînes populaires. J’aime aussi les microbrasseries artisanales où nous pouvons goûter des bières qui sont préparées sur place par la même personne qui nous la sert.  Chaque occasion de visiter l’un de ces endroits est une occasion d’apprécier la nourriture et les bières préparées par des artistes. C’est incroyable de voir l’imagination et la créativité des chefs et des brasseurs. L’expérience pour moi commence en mettant les pieds à l’intérieur de l’établissement, mais surtout à partir du moment où je regarde le menu. Les mots choisis pour décrire les plats et les bières le sont pour stimuler notre imagination afin que nous puissions anticiper ce qui viendra.

Tout contribue à nous faire vivre une expérience nous permettant de mieux connaître les passions et l’univers des créateurs.

L’arrangement des plats sont une belle toile et un régal pour les yeux. Les ingrédients qui sont choisis pour les fabriquer sont frais et délicieux afin d’éveiller nos papilles et augmenter les sensations de notre corps. Lire le menu, voir le résultat pour finalement y goûter et savourer.

Chaque assiette et chaque bière sont une création préparée par un artiste et destinée à capter tous nos sens. C’est très beau et bon.

Rien n’est préparé à la hâte, ni au hasard. Le tout commence dans l’imagination d’une ou d’un génie. Une personne qui n’a pas peur d’essayer de nouvelles choses, brasser des idées et leur donner vie. Quelqu’un a créé et recréé jusqu’à ce que l’assiette et la bière parfaite soit formée. Nos mots sont limités dans leur capacité de décrire l’art de quelqu’un d’autre. J’ai un plat et une bière devant mes yeux, mais mes mots ne peuvent tout de même pas capturer de manière appropriée le travail de l’artiste.

Il s’agit d’une description simplifiée et limité de ce qui s’est réellement passé. Une description limitée visant à transmettre une vérité sans toutefois pouvoir prétendre avoir tout capturé et être exacte. Le mieux que je puisse faire est de décrire ce que je vois et ce que je goûte en utilisant des mots et des concepts que je connais. Une personne ayant une formation culinaire pourrait utiliser un ensemble de mots complètement différents pour vous décrire la même expérience.

Alors que je dégustais une poutine à l’agneau au resto Andaz’s Feast & Revel, je me suis mis à penser à la description de l’origine de l’univers tel que décrite dans les deux premiers chapitres du livre de la Genèse.

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Le tout a peut-être commencé avec une étincelle ou même une explosion d’énergie. Un big bang! La vie entre les mains d’un artiste créatif n’étant pas limitée par les échéanciers ou la chronologie de quelqu’un d’autre. L’artiste façonne sa toile. Personne ne lui ayant dit que son projet devait être achevé dans un certain nombre de jours, il a commencé son œuvre d’art qui continue encore en ce moment même. Un jour comme mille et mille jours comme un seul. Coup après coup. Souffle après souffle. Mouvement après mouvement. Tentative après tentative. Couleur après couleur. Chaque étape ouvrant la voie à la suivante. C’est très beau et bon.

En mangeant, j’expliquais à Amélie pourquoi je pense, par exemple, que lire Genèse un et de conclure que Dieu a créé l’univers entier en six jours il y a à peine quelques milliers d’années manque un peu d’imagination, de compréhension et, j’ajouterais, réduit l’œuvre de l’artiste. Si le créateur existe depuis toujours et s’il est tout puissant, pourquoi est-ce si difficile d’imaginer qu’il pourrait être occupé à façonner l’univers depuis des millions ou même des milliards d’années. Il a toujours été là et il ne semble pas avoir l’intention de partir, alors pourquoi se précipiter?

Nous comprenons de mieux en mieux de quelle manière fonctionne le monde dans lequel on vit. Les découvertes rendent ceci au moins plausible, même si nous n’avons pas toutes les données et que nous ne faisons qu’effleurer la surface. Pourquoi n’aurait-il pas pu et ne continuerait-il pas à concevoir, façonner et transformer le monde que nous connaissons?

Étant donné la quantité de galaxies actuellement identifiées dans l’univers et tout ce que nos télescopes n’ont pas encore atteint, il va sans dire qu’il pourrait y avoir beaucoup plus d’activités que ce que nous pouvons imaginer. Le chef est capable de beaucoup plus que ce que les mots peuvent décrire. Ne pas tout comprendre ne devrait pas être une excuse pour ne pas rêver. Ne pas tout comprendre n’est pas une excuse pour rejeter des idées simplement parce qu’elles ne s’alignent pas avec notre conception de la vérité.

C’est une chose belle et merveilleuse de mieux comprendre le monde et l’univers dans lequel nous vivons et de découvrir des faits. Tout comme nous sommes limités dans notre habileté à décrire ce que nous savons, de même les auteurs qui ont rédigé des textes tels que Genèse un l’ont fait à l’intérieur de certaines limites également. Ils ont communiqué la belle réalité d’un monde désiré et créé par un Dieu aimant. Ils ne prétendaient pas savoir exactement comment cela s’était fait à tout point de vue, mais simplement une description de ce qui était devant leurs yeux.

On s’en va où au juste ? B’en, pas besoin de limiter le texte de Genèse à une description littérale des origines de l’univers. D’ailleurs, le contexte de la Genèse ne semble pas vouloir nous pointer dans cette direction non plus.

Lorsque l’on m’a servi ma poutine d’agneau, je ne savais pas exactement comment elle avait été faite. J’en avais lu la description sur le menu et maintenant je la voyais. Le menu avait préparé mon imagination pour le plat, mais n’avait pas comme objectif de me décrire exactement les étapes de sa préparation. Si j’essayais de vous décrire la poutine que j’ai mangé, vous penseriez que je décrivais un gâteau. Pourtant, c’était une poutine. Mes mots seraient une vraie description de la création dans mon assiette telle que je la voyais et tel que je pouvais la comprendre. La description de la poutine venant d’un point de vue, mais n’étant tout de même pas une description complète de ce qui s’était passé en réalité. Mes mots seraient vrais, mais pas absolus.

Pas pour rien qu’on aime la poutine!

Le doute n’est pas à fuir

L’église est souvent un endroit où être spirituellement honnête est un grand risque. – Pete Enns (Church is often the riskiest place to be spiritually honest.)

Il est difficile d’être spirituellement honnête sans reconnaître la réalité et la place du doute dans notre parcours de vie.

Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui ont des doutes et des questions. Je sais aussi que plusieurs sont mal à l’aise avec le doute de peur de se faire dire qu’elles manquent de foi ou qu’elles ne doivent pas être de vrais chrétiens. Pour certains d’entre nous, l’église est la communauté où se trouvent nos amis et l’endroit où nous avons passé de nombreuses années, sinon toute notre vie. Le risque de perdre tout cela est effrayant. Nous pouvons craindre le rejet parce que nous ne pouvons pas embrasser tout ce que l’église semble tenir si fermement.

Le doute n’est pas un problème. C’est bien de poser des questions. Certainement très inconfortable, mais bon et bien. Être ouvert à la possibilité de s’être trompé ou d’avoir mal compris n’est pas un processus agréable. Tu n’as peut-être pas tort, mais pour une raison quelconque tu te poses des questions et n’est pas certain d’avoir raison. Ne pas savoir ce qui se trouve de l’autre côté de nos questions peut être inquiétant.

Comment réagis-tu devant le doute ? Certains s’ancre plus profondément dans les croyances acceptées par leur tradition. Ils peuvent même devenir des féroces défenseurs de la foi, étouffant leurs questions et portant un masque de certitude et de colère envers quiconque voudrait remettre en question leur croyance ou même oser proposer une autre façon de penser.

D’autres vont considérer leurs doutes comme un manque de maturité ou le résultat d’un manquement dans leur vie. Ils se soumettront humblement à ce qui est accepté dans leur contexte et se sentiront coupables d’avoir ces doutes. Ils vont continuer en poursuivant sincèrement Jésus et en espérant que leurs doutes finissent par disparaître. C’est rarement le cas.

En matière de foi, la certitude n’est pas nécessairement une marque de maturité spirituelle. On peut faire confiance à Dieu sans être certain du tout.

Il y a différentes choses qui nous font douter. Par exemple, le doute peut provenir du fait que la base de ton système de croyance repose principalement sur un livre écrit et compilé il y a des siècles, dans un pays lointain, par des gens dont la compréhension du monde était très différente de la tienne. Il est normal aussi de douter puisque ce même livre, depuis son origine, fait l’objet de nombreux débats par des personnes sincères qui tentent de comprendre ce que le livre dit « vraiment et clairement ». Disons que nous sommes loin de l’unanimité.

Si ce que la bible dit de Dieu est vraie alors il sait qui je suis et où je me trouve sur le chemin de la vie (Psaume 139). Parfois, les plus ardents défenseurs de la foi semblent remplis de colère et même de haine envers leur prochain. Je pense que c’est dû au fait qu’en réalité ils ne sont pas si certains que cela et ont du mal à gérer l’idée que quelque chose qu’ils estiment être vrai pourrais ne pas l’être ou bien même que quelqu’un oserait prétendre différemment qu’eux.

L’expression « la bible le dit, cela suffit » n’est pas très rassurante. C’est un peu plus compliqué que ça.

Alors, on fait quoi ? On abandonne ou ont laissent le doute nous mener à une poursuite plus profonde et honnête de ce qui est vrai ? La foi peut-elle grandir dans le doute ? Est-ce que suivre Jésus nécessite la certitude ?